descente de toi

08 août 2013

Haïkus de fin d'été

 

Un voyage à Istanbul

En automne avec elle

Une derbouka en aluminium

 

Je bus du bordeaux

Et je fus ridicule

Avec mon banjo

 

Journée de canicule

Nous roulons vers le lac

Et l'averse cesse

 

En arrivant sur la plage

Notre ami est heureux

Un rayon de soleil

 

Pourquoi la religion

Donne-t-elle des êtres

Aussi peu généreux ?

 

Une araignée passe sur le carrelage

Des ongles rongés

Encore quelques jours de vacances

 

Convalescence

Une pièce de tissu

Pour boucher la hernie

Inguinale

 

Madame de Sévigné

Et sa peur que le carrosse

Ne verse dans le Rhône

 

De multiples échecs

Encore quelques amis

Pour combien de temps encore ?

 

En Australie

Il réalise un rêve

D'aventure indolente

 

Prétention

Vanité

Orgueil

Tout cela en un seul être

 

 

La conversation

Sur quoi portera-t-elle ?

Sur des pièces de théâtre ?

Ou bien sur des voyages ?

 

Etrangement les anarchistes

Ont préféré un paysage

A un vieil homme qui louche

 

Le charisme

Est leur seul point de repère

Et leur pire ennemi 

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Ecologie

 

Je veux faire de mon jardin une jungle

Et que la vérité revienne

Il y aura des moustiques

Des araignées

Des moucherons

Des mouches énormes mais aussi

Des cétoines et des volucelles

Des cloportes et des coccinelles

 

Pour certains, l'écologie est une folie :

Pourquoi diable ne pas éradiquer tous ces parasites

Et ces odeurs

Grâce à du béton ?

 

Pourquoi ne pas faire taire la nature

Afin que tout soit propre et inodore

Sans insecte et sans oiseaux ?

 

Pourquoi ne pas taire la vérité ?

 

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Haïkus d'été

 

Odeur au fond du jardin

Deux chats grattent la terre

Et se moquent

 

Dans les interstices

Poussent les mauvaises herbes

En cachette

 

Des mouches tournoient

Au-dessus de l'herbe humide

 

Le bruit des voitures a disparu

Juste une petite cloche

Dans les bambous

 

La petite fille

Ne sait pas dans quel monde elle arrive

Elle rayonne quand même

 

Dans l'ombre de son père

Un homme tente de croire

En lui-même

 

Il a appelé la police

Et s'est senti rassuré

Les voisins se sont tus

 

Fatigué

L'adolescent veut rentrer chez sa mère

Il sait bien que c'est impossible

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De l'importance d'être un enfant

 

Quand le poète était seul

Quand il était désespéré

Quand il ne savait plus où aller

Et qu'il dormait tout le jour

 

Il savait que la beauté réside

Dans le visage d'un enfant

Dans l'éclat de sa voix

Dans sa fraîcheur

Dans sa candeur

Si pure

Que rien n'est plus important

 

Quand le poète était seul

Quand il était un enfant

Et qu'il perdait tous ses amis

A chaque déménagement

 

Alors il préférait dormir

Ou jouer silencieusement

Sans éclat de voix et sans fraîcheur

 

Car il ne se sentait

Aucunement important. 

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Princesse d'Orient

 

Je suis ton prisonnier et toi ma prisonnière

Nous nous sommes enfermés pour ne pas qu'on nous gère

Nous nous sommes envoûtés, inventés et vantés d'être un couple innocent

Alors qu'aux alentours le souffre encore est fumant

 

Quelle idée saugrenue que de t'être entichée d'un pauvre mort-vivant ?

 

Voulais-tu le sauver, voulais-tu le nourrir ?

Voulais le punir, voulais-tu l'épuiser ?

 

Inoffensif, le zombie était sorti d'une zone d'ombre

Un foyer d'infection à Boulogne-Billancourt

 

Il ne bandait plus

Sauf sur une revue japonaise

Où les filles cachent leurs fentes

Avec des petits dauphins

 

Sans calcul

Sans aucun espoir

Juste en se postant à la terrasse d'un café à la fin du printemps

Il ravit sous leurs yeux ébahis la princesse d'orient

Au roi de la clarinette

Au punk de pacotille

Au sale type des bouquins poussiéreux

Et au bouffon du Mans.

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Réputation, défaite

 

Petite binoclarde

Petite snobinarde

Je te hais tellement

 

Je hais les accessoires et les accoutrements

Je hais les médisances et les renseignements

Le téléphone arabe et le bouche à oreille

La babouche à l'or fin et le temps introuvable

 

Je hais tous les facteurs, les concierges et mégères

Les milices locales, les fêtes de voisinages

Je hais la renommée et la réputation

Je hais tous les effets de toutes nos actions

 

Je hais qu'on me connaisse et qu'on me définisse

Je hais tous les commerces et toutes les polices

Je hais la société quand elle flaire et s'immisce.

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Fumette

 

Tu m'as retrouvé et j'ai succombé

J'ai chanté une ou deux chansons en marmonnant à moitié ton prénom

J'ai ajusté le sol souvent faux

Et le sol sous mes pieds s'est moqué de là-haut

 

J'ai rencontré une femme avec personne dedans

Et je lui ai rappelé qu'elle seule n'était pas toute l'expérience humaine

Et que la vérité était bien plus sereine

Et que l'économie était assez vilaine

Pour divulguer des thèses hilarantes de tristesse

 

Toute bouffie, pâle et porcine,

La multi-récidiviste pensait à l'injustice et à l'abandon

A la logique du groupe, au feu dans la maison

Au bon goût populaire, aux centrales nucléaires

Au viol et à l'inceste, au sexe et à la peste.

 

Bien sûr que les enfances ne sont pas toujours joyeuses

Mais le soleil se lève aussi pour les justes...

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La Douleur

 

Françoise Dorléac est morte

Laissant Catherine Deneuve à la dérive

 

Sur la scène du gymnase de Bellevue

En noir et blanc tous les sons réverbérés

Créant une cacophonie étrange

 

Je ne chantais pas vraiment

Quelqu'un m'a parlé de Noir Désir

J'avais une coupe de cheveux « médiévale »

 

L'année suivante on n'a pas joué longtemps

Une guitare est tombée de la scène

Folk rouge sombre et coréenne

 

Mérédith et Aurélia dansaient comme des folles

Véronique et Jean-Luc écoutaient comme des scouts

 

On répétait tous les jeudis dans une atmosphère humide

C'est inoubliable

 

Je pense encore à vous mes amis de musique

Nous nous sommes vus tant de fois pour répéter

Composer, faire des concerts, boire, fumer, lire des poèmes

Parler des filles et les regarder marcher dans les rues

 

Un jour tout s'est arrêté

On n'y a plus cru

Il reste des enregistrements sur des cassettes

Dans des boîtes de chaussures en carton

Des bandes vidéos oubliées

Une technologie dépassée

Les sous-terrains de l'ancienne usine Yoplait

 

Les cordes sales des guitares

Une couverture dans une grosse caisse

Une odeur de tabac froid

 

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Ma faiblesse

 

Qu'est-ce qu'une oeuvre ?

Qu'est-ce qu'une carrière ?

Qu'est-ce qu'une vie ?

Dois-je laisser ma trace ?

Dis-moi Julien Bosc ?

Doit-on laisser sa trace, comme Antoine Roquentin ?

 

Fusse-t-elle diabolique ?

Fusse-t-elle inique ?

Fusse-t-elle biblique ?

Fusse-t-elle robotique ?

 

Mais non, voyons ! Il n'y a pas assez de place pour tous les nombrils, pas assez de place pour tous les pistils, pour toutes les sébilles, pour toutes les charmilles...

 

Autrefois, j'écrivais. J'ai toujours écrit. Je crois en ma jeunesse éternelle, en ma faiblesse qui me sauvera. Je crois en la magie bouillonnante, en l'aurore dans la neige, au sacrifice des Silènes. Je me souviens avoir vendu mon âme au diable par un vent glacial dans la cour du collège Marcel Grillard parce que j'avais vu l'Exorciste et que j'étais amoureux d'Ingrid Zurawski.

 

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Premiers émois

 

Où es-tu Ingrid ?

Où es-tu Michelle ?

Où es-tu Mélanie ?

Où es-tu Laetitia ?

 

Où es-tu toi que j'ai toujours suivi ?

 

J'ai cru te reconnaître, Michelle, dans le rôle d'Andrée, de la bande de Balbec.

Je me souviens t'avoir dit que j'aimais ton style.

Tu étais déjà grande à douze ans

Les cheveux un peu roux

La peau blanche

La voix grave déjà aussi.

 

Brouillard, fièvre inexplicable

Tu m'avais invité à ta boum, Laetitia

J'étais amoureux des arbres et de la botanique

Je me cachai dans un fossé au bord de la route

Pour ne pas que mes sœurs me voient

 

Nous ne parlions à personne

Nous avions tellement peur de tout

 

Dans le noir, pendant des heures

J'ai raconté tout cela à ma première amie

Elle écoutait en s'endormant mes souvenirs d'enfance

Là-bas en Normandie

Perdus à jamais

 

Le dernier jour avec Eric dans l'église

Le piano laissé là

Après la chorale de la veille avec les anglais

 

Ma migraine pendant qu'on attendait ma sœur qui passait un brevet

Sur le terrain vague

Nous avons roulé toute la soirée

Mon jogging sentait la pisse

Un ouvrier marocain m'a offert son sandwich

Et nous sommes arrivés au Mans

En juin 88

 

Nous venions de loin

Nord, Loiret, Touraine, Seine-Maritime, Manche, Haute-Garonne

Le tour de France de trois enfants

Mes sœurs et moi

 

Combien d'enfants déracinés pour EDF et COGEMA ?

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